Les journées Impact SO, consacrées à l’impact de la science ouverte sur la recherche et les pratiques scientifiques, se sont tenues du 27 au 29 janvier à Nancy.
Organisé par l’Université de Lorraine, Inria, INRAE et le CNRS, avec le soutien du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace, cet événement a réuni chercheurs, acteurs institutionnels et professionnels de la recherche pour dresser un état des lieux des transformations induites par la science ouverte.
Objectifs et enjeux
Impact SO 2026 avait pour ambition de montrer comment les politiques de science ouverte modifient non seulement les pratiques de recherche, mais aussi les rôles des personnels d’appui et la diffusion des résultats scientifiques. À travers conférences, tables rondes et ateliers thématiques, la manifestation a permis de réfléchir à la manière dont la science ouverte redéfinit la production, le partage et l’évaluation des connaissances, tout en accompagnant l’évolution des compétences et métiers dans le secteur.
Temps forts
Les sessions plénières ont mis en lumière les transformations en cours. Marin Dacos, coordinateur national de la science ouverte, a présenté un bilan de ce mouvement, en repartant des 7 finalités de la science ouverte, mais sans masquer les obstacles : diversité des pratiques disciplinaires, résistance au partage des données, inquiétudes relatives à l’augmentation des coûts car, oui, la science ouverte coûte. Il a rappelé l’importance des outils mis en place depuis 2018 pour mesurer et soutenir cette transition. Zoé Ancion (ANR) a insisté sur la nécessité de mesurer non seulement l’adoption des outils, mais aussi leurs effets sur la qualité et la reproductibilité des recherches.
La question de la reproductibilité a été centrale, avec des interventions soulignant les failles dans les pratiques de publication et de partage des données. D’autres présentations ont montré comment la science ouverte favorise les recherches participatives et les impacts sociaux.
La table ronde du premier jour a permis de confronter les questions de science ouverte à la réalité du terrain. Les discussions ont mis en lumière comment certaines « obligations » mais aussi des initiatives comme les data papers, la création de revues ou l’implication dans des projets façonnent progressivement les pratiques des chercheurs. Les échanges ont montré que l’impact de la science ouverte va bien au-delà de l’adoption d’outils : elle pose les questions de mise à disposition des données (temps nécessaire, réutilisation, etc.), transforme la communication scientifique par une réappropriation par les scientifiques ou un choix éclairé pour publier.
Les ateliers du deuxième jour ont approfondi ces enjeux via des formats collaboratifs. Certains se sont concentrés sur des outils concrets, comme le Baromètre de la science ouverte pour mesurer la progression des établissements, ou DMP OPIDoR pour guider la gestion rigoureuse des données. D’autres ont abordé des questions structurelles, comme l’évolution des métiers liés aux données ou les tensions entre comités éditoriaux et modèles économiques traditionnels des éditeurs. Ces échanges ont révélé des défis : comment valoriser les nouveaux rôles liés à la science ouverte, ou comment concilier ouverture et viabilité économique ?
Le troisième jour a élargi la réflexion aux enjeux plus globaux de la recherche. Les participants ont exploré des pistes pour une évaluation plus qualitative et responsable des travaux scientifiques, intégrant les critères de science ouverte, et ont discuté des liens entre ouverture des données et intelligence artificielle, soulignant l’importance d’une ouverture qui préserve la souveraineté scientifique tout en stimulant l’innovation. Un moment fort a été la session sur la science ouverte à l’heure de l’effondrement, qui a interrogé la portée écologique de l’ouverture : au-delà du partage des résultats, la science ouverte doit aussi repenser les modes de production et les pratiques numériques pour les aligner avec les enjeux environnementaux et promouvoir une approche sobre et responsable.
Une science ouverte au service d’une recherche plus durable
Ces trois jours ont confirmé que la science ouverte est bien plus qu’une simple injonction réglementaire : elle constitue un levier pour repenser la recherche dans toutes ses dimensions. Transparence, collaboration et responsabilité ont été les maîtres-mots de ces journées, offrant aux participants des pistes concrètes pour agir localement et préparer l’avenir de la recherche.
Revivez l’événement
Toutes les présentations et les replays sont disponibles sur Canal-U ou via impactso2026.sciencesconf.org
De gauche à droite : Nicolas Fressengeas (UL), Lionel Maurel (CNRS), Christophe Schwartz (INRAE), Isabelle Chrisment (Inria)
Plus de 170 participants sur les 3 jours.
Cocktail convivial organisé place Stanislas à Nancy.


