Recherches arctiques, un site d’actualités scientifiques pour le grand public

28 février 2019

Intitulé à l’origine « Recherches polaires » dans la mesure où il concernait initialement les deux pôles, le site web d’actualités scientifiques « Recherches arctiques » est né il y a une douzaine d’années à l’occasion de la 4e Année polaire internationale (API) qui s'est tenue de 2007 à 2009.

Un peu d’histoire…

Le site répon­dait à un appel d’offre de la Direction du CNRS, solli­ci­tant ses labo­ra­toires afin qu’ils préco­nisent des actions en rapport avec cet évène­ment de renom­mée plané­taire. L’Inist a alors proposé la créa­tion d’un site de vulga­ri­sa­tion scien­ti­fique (http://recherchespolaires.inist.fr), destiné au grand public (s’avérant par la suite plutôt tous publics), en ayant pour objec­tif de valo­ri­ser autant que faire se peut les recherches fran­çaises menées dans les régions polaires et subpo­laires, tant boréales qu’australes. Le projet a été favo­ra­ble­ment accueilli, au point qu’il a obtenu le label CNRS relatif à l’API, ainsi que les consi­dé­ra­tions appuyées de la Direction de l’IPEV (Institut polaire Paul-Émile Victor, en charge de l’organisation et de la logis­tique des expé­di­tions scien­ti­fiques aux pôles).

À l’issue de l’API, mi-2009, et afin de clôtu­rer celle-ci en l’associant à des pers­pec­tives des plus encou­ra­geantes, le ministre de tutelle de l’époque Valérie Pécresse, inter­pel­lée par l’importance que revê­taient les pôles et plus spéci­fi­que­ment les régions boréales en tant que terri­toires à proté­ger de toute urgence compte tenu du chan­ge­ment clima­tique, a promul­gué la créa­tion d’un Observatoire de l’Arctique (1). Cette décla­ra­tion a été suivie d’une déci­sion de la Direction du CNRS en vue de mettre en place le grand programme trans­dis­ci­pli­naire inti­tulé « Chantier arctique fran­çais » (2), coor­donné par l’INSU en la personne de Marcel Babin, direc­teur de l’Unité mixte inter­na­tio­nale franco-cana­dienne Takuvik (héber­gée par l’université de Laval, au Québec), avec pour conseiller Denis Didier Rousseau, à l’époque Corist de l’INSU en même temps qu’il assu­rait le rôle de délégué scien­ti­fique en charge des affaires polaires pour le CNRS (3).

Une vitrine du Chantier arctique

Ainsi, dès 2012, les respon­sables de ce programme se sont montrés fort inté­res­sés par le site pour, entre autres, en orien­ter les grandes théma­tiques scien­ti­fiques de façon à ce qu’elles reprennent étroi­te­ment celles du Chantier arctique et qu’ainsi le site Recherches arctiques devienne en quelque sorte une vitrine de ce dernier afin de diffu­ser de l’information (actua­li­tés diverses, annonces de congrès, etc.), en même temps que péren­ni­ser une valo­ri­sa­tion des recherches entre­prises en Arctique par le biais d’articles de vulga­ri­sa­tion rédigés par nos soins. Dès lors, il a été un temps ques­tion que le site soit intégré à celui du Chantier arctique et c’est à cette date (fin 2012) qu’il a été unique­ment consa­cré à l’Arctique, étant entendu qu’il puisse néan­moins rede­ve­nir « bipo­laire » dans la mesure où le Chantier arctique avait voca­tion à s’intéresser à son tour à l’Antarctique dans des délais rapprochés.

À ce jour, l’équipe assu­rant l’alimentation du site Recherches arctiques se compose de cinq rédac­teurs qui inter­viennent en fonc­tion de leurs spécia­li­tés scien­ti­fiques respec­tives, l’assistance édito­riale (en matière de relec­ture) étant assurée par deux autres colla­bo­ra­teurs. Outre l’écriture d’articles et de dossiers de synthèse, selon une fréquence bimen­suelle ou mensuelle (dépen­dant des dispo­ni­bi­li­tés des uns et des autres), l’activité comporte un signa­le­ment quoti­dien d’actualités d’origines variées, de commu­ni­qués de presse, d’annonces de congrès et autres mani­fes­ta­tions, de paru­tions d’ouvrages, de tenues d’expositions, d’émissions radio ou télé­dif­fu­sées… concer­nant tant l’Arctique que les régions subpo­laires boréales. Elle consiste égale­ment à enri­chir un glos­saire, en la réali­sa­tion d’alertes biblio­gra­phiques mensuelles (à partir de Scopus via BibCNRS) et de façon plus espacée, d’études biblio­mé­triques donnant un aperçu des recherches inter­na­tio­nales menées aux pôles.

Les théma­tiques des articles sont calquées sur celles du Chantier arctique et font ainsi appel à un grand nombre de disci­plines couvrant les Sciences de la Terre, les Sciences biolo­giques et de l’environnement, les Sciences humaines ou encore la Médecine : I. Écologie ; II. Sociétés arctiques, systèmes de connais­sances et gouver­nance ; III. Anthropisation et ses impacts ; IV. Climatologie, océan-glace-atmo­sphère, notam­ment en lien avec le chan­ge­ment clima­tique et l’évolution de la banquise ; V. Géodynamique et ressources natu­relles, sur le plan géolo­gique ; VI. Pergélisol et son évolu­tion en réponse au réchauf­fe­ment du climat dont on sait qu’il affecte la région arctique avec une inten­sité deux fois plus élevée que partout ailleurs.

Une reconnaissance

Selon les retours que nous en avons, en prove­nance y compris de cher­cheurs du CNRS, dont Jérôme Chappellaz, actuel direc­teur de l’IPEV et entre autres coor­di­na­teur du programme Ice Memory (4), nous avons le senti­ment d’avoir atteint les objec­tifs que nous-mêmes nous nous étions fixés de prime abord, esti­mant répondre aux attentes d’un public aussi large que possible, composé d’enseignants, de cher­cheurs, tout autant que de parti­cu­liers (certes en général avertis), ayant notam­ment constaté que nous sommes repris par de nombreux autres sites web ou blogs d’information, tels les sites de diverses acadé­mies, la base Wikipédia ou bien d’autres encore…

Situé dans le top 5 des sites web de l’Inist en termes de fréquen­ta­tion, le site Recherches arctiques a été de surcroît mentionné par des person­na­li­tés telles que Jean-Louis Étienne, célèbre explo­ra­teur des régions polaires qui dès 2007 s’était illus­tré dans le cadre de l’expédition Tara Arctic, ainsi que Rémy Marion, spécia­liste fran­çais de l’ours polaire, reconnu au plan international.

Enfin, nous avons été parti­cu­liè­re­ment honorés par la déci­sion de la BNF de nous attri­buer un ISSN (n° 2555–3755) en 2017, sans que nous n’ayons solli­cité cette insti­tu­tion, tradui­sant une visi­bi­lité de nos travaux qui mani­fes­te­ment va au-delà d’une recon­nais­sance émanant du seul grand public.

(1) C’est préci­sé­ment cette annonce de la créa­tion d’un Observatoire de l’Arctique qui, en 2009, nous a encou­ra­gés à pour­suivre l’alimentation de notre site malgré la clôture de l’Année polaire inter­na­tio­nale, qui en était à l’origine.

(2) Voir le docu­ment de pros­pec­tive 2015–2020 du Chantier Arctique Français sur le site du CNRS-INSU : http://www.insu.cnrs.fr/files/prospective_arctique_fr.pdf

(3) En plus d’Instituts du CNRS (INSU, INEE, INSHS…), ce grand programme rassemble nombre d’organismes de recherche tels l’IFREMER, le CEA, le CNES, le BRGM, Météo-France, diverses univer­si­tés, divers minis­tères (de la Recherche, des Affaires étran­gères)…, avec pour objec­tif de fédérer la recherche fran­çaise en Arctique et en l’occurrence initier des colla­bo­ra­tions, y compris en direc­tion d’acteurs étrangers.

(4) Programme destiné à mettre à l’abri, enfouies en Antarctique, des carottes de glace issues des calottes glaciaires et autres glaciers d’altitude de par le monde avant qu’ils ne dispa­raissent, à des fins de préser­va­tion pour leurs études futures, sur le plan paléo­cli­ma­tique en particulier.

Témoignage

J’ai découvert le site web remarquable de l’Inist sur les recherches arctiques, d’ailleurs repris par le site du Chantier arctique français.

Cyril Moulin, directeur adjoint scientifique en charge des grands programmes interdisciplinaires dirigés par l’INSU, entre autres le « Chantier arctique français »